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jeudi 19 septembre 2019

LES POLYTECHNICIENS DES CIMETIERES PARISIENS (PERE LACHAISE & MONTPARNASSE)

LES POLYTECHNICIENS DES CIMETIERES PARISIENS
(PERE LACHAISE & MONTPARNASSE)

Dans le cadre des journées du patrimoine, la SABIX (société des amis du musée, de la bibliothèque et de l’histoire de l’Ecole polytechnique) organise les 21 & 22 septembre 2019, des balades-conférences dans les cimetières du père Lachaise et du Montparnasse.
Par un parcours ciblé dans ces lieux, il s’agira d’évoquer les vies et les œuvres de savants pour la plupart polytechniciens. Ainsi seront évoqués, entre autres, les parcours sociaux, politiques et scientifiques de Liouville, Galois, Le Verrier et Poincaré au Montparnasse, et ceux de Monge, Laplace, Fourier et Terquem au père Lachaise.
Tout au long de ces incursions thématiques, il s’agira de s’interroger sur les conditions de la production des connaissances et sur les connaissances elles-mêmes à une époque donnée. Des compléments bibliographiques, pour aller plus loin, seront proposés en fin de parcours.


CONFERENCIERS :
Jean-Jacques Dupas, ingénieur-chercheur au CEA.
François Lavallou, ingénieur-chercheur au CEA.
Norbert Verdier, enseignant-chercheur en histoire des mathématiques et des sciences (Université Paris-Sud & Sciences Po Paris
LIEUX DE RENDEZ-VOUS ET HORAIRES :
Cimetière du Montparnasse : 21 septembre à 10 h 30 avec François Lavallou et 22 septembre à 14 h 30 avec Norbert Verdier.
Rendez-vous à l’entrée principale du cimetière, 3, boulevard Edgar Quinet, 75014.PARIS
Accès métro : Lignes 4 et 6 station Raspail / ligne 6 station Edgar-Quinet / ligne 13 Gaîté. La station Montparnasse est également très proche.

Cimetière du Père Lachaise : 21 septembre à 14 h 30 et 22 septembre à 14 h 30 avec Jean-Jacques Dupas.

Rendez-vous : Devant la tombe d’Arago à l’entrée du cimetière, quatrième division.
Boulevard de Ménilmontant 75020 PARIS
GPS : Latitude : 48.861417 Longitude : 2.393383
Accès : Métro : Père Lachaise (lignes 2, 3), Bus : 61/69 arrêt Père Lachaise devant l’entrée principale pour les bus se dirigeant vers la banlieue, arrêt Auguste Métivier pour les bus se dirigeant vers Paris centre. Marcher ensuite le long du mur du cimetière donnant sur le boulevard de Ménilmontant, pour rejoindre l’entrée principale.

INSCRIPTION
Les balades-conférences sont gratuites mais sur inscription : norbert.verdier@sciencespo.fr

mardi 17 septembre 2019

Math-o-LU à Nantes




La Maison des mathématiques de l’ouest et l’association Résonance – Art
& Science organisent un club de maths au Lieu unique : Math-o-LU (MU).
Le Lieu unique est une scène culturelle nationale, située à Nantes, près
de la gare SNCF.

    Ouvert à tous les publics, le club Math-o-LU propose de manipuler
des maths non académiques, de percevoir leurs capacités créatrices et
leur pouvoir d’émotion. Il reprend ses activités le 18 septembre 2019 :
les ateliers se tiennent deux mercredis par mois entre midi et deux
(possibilité de manger et boire sur place – à acheter au bar ou à amener
soi-même).

    Chaque séance comporte deux temps :

        courte présentation (objet, personne, question de société...) ;
        manipulations, jeux, problèmes ouverts... en petits groupes,
chacun avec un·e encadrant·e ;

    Signe particulier : l’équipe d’animation du club est composée de
mathématicien⋅ne⋅s professionnel⋅le⋅s mais aussi d’étudiant⋅e⋅s et de
lycéen⋅ne⋅s, ainsi que des artistes en collaboration.

    Si vous êtes intéressé⋅e, il suffit de venir au club (gratuit, sans
inscription). Vous pouvez aussi nous écrire pour être tenu⋅e au courant
de nos activités. N’hésitez pas en tout cas à en parler autour de vous.

    Reprise des ateliers : mercredi 18 septembre de 12 h 15 à 13 h 45
    Lieu unique (salon de musique).

    Premier thème : Frontières : une dimension (méconnue ?) des conflits

    Quel rapport entre un flocon de neige et la fréquence des conflits
entre deux pays ? Lewis Fry Richardson, mathématicien et pacifiste
profondément marqué par la Première puis la Seconde Guerre mondiale,
publie des essais sur la psychologie mathématique de la guerre ou sur
les causes statistiques de la guerre. Ses travaux ont été repris par
Benoît Mandelbrojt, inventeur du mot Fractale, dans un fameux article
intitulé « Quelle est la longueur des côtes de Grande-Bretagne ? ». Les
fractales apparaissent notamment dans la description des formes et de
leur évolution. Une théorie dont une partie a été initiée par Mary
Cartwright et John Littlewood, également durant la Seconde Guerre mondiale.

lundi 16 septembre 2019

Jean Duchon



Jean Duchon est mort la semaine dernière à 70 ans, ses obsèques ont eu lieu vendredi à Saint-Antoine-l'Abbaye, où il s'était retiré depuis une vingtaine d'années, tout en continuant ses recherches à l'université de Grenoble. Son nom ne dira probablement rien aux historiens des sciences, mais il est important de lui rendre hommage sur theuth. Il était surtout connu pour ses travaux mathématiques, je n'en évoquerai que deux. Les splines de Duchon sont, disons de façon imagée, des fonctions assez simples qui permettent d'approcher des fonctions plus compliquées (taper "splines de Duchon" ou "thin plat spline" sur un moteur de recherche). Jean Duchon a fait aussi avancer la résolution de l'équation de Burgers. Le début de la notice de wikipédia dit: "L'équation de Burgers est une équation aux dérivées partielles issue de la mécanique des fluides. Elle apparaît dans divers domaines des mathématiques appliquées, comme la modélisation de la dynamique des gaz, de l'acoustique ou du trafic routier ". D'autres chercheurs expliqueront mieux cet apport en mathématiques dites appliquées.

Comme nous avons partagé plusieurs années le même bureau au département de mathématiques de Lyon, j'ai pu me pénétrer de sa façon originale de travailler. Il était l'antithèse de la superficialité, il publiait peu et uniquement lorsqu'il avait résolu les problèmes qu'il s'était proposés. Cette attitude, considérée comme un peu vieille France, tranchait avec la méthode américaine qui consiste à publier coûte que coûte, quitte à inonder les revues d'articles où l'on a bricolé les hypothèses jusqu'à obtention d'un résultat apparemment nouveau. En outre, il tentait de rédiger au maximum en français, ce qu'on juge souvent comme une marque d'infériorité face au niveau international. Il était évidemment absolument imperméable aux indicateurs du type facteur H ou classement de Shanghaï. Chercheur titulaire au CNRS, il s'était mis "à mi-temps" pour pouvoir se livrer honnêtement à d'autres activités, il considérait qu'il gagnait assez ainsi. Le CNRS lui envoya un chargé de mission en ressources humaines pour lui expliquer comment gérer une carrière. Ce monsieur, d'ailleurs plutôt aimable, me demanda donc de sortir une heure ou deux du bureau pour pouvoir parler seul à seul à ce météorite. Cette démarche des autorités était à peu près aussi ridicule que celle qui consisterait à envoyer au pape un conseiller en communication pour améliorer sa propagande en faveur de l'athéisme.

Dans les années 1990, Jean Duchon voulait "comprendre" l'équation d'Euler, c'est-à-dire les équations de D'Alembert-Euler qui régissent les mouvements des fluides parfaits, il voulait comprendre vraiment les phénomènes de turbulence. Bref, il vivait de l'intérieur les fondements mathématiques de l'hydrodynamique. C'était l'époque où se mettait en place l'édition des œuvres complètes de D'Alembert. Il a facilement accepté de se pencher sur le Traité des fluides, sur l'Essai sur la résistance des fluides et sur de nombreux mémoires délicats des Opuscules mathématiques. Il n'était pas question, pour lui, de voir les choses en gros et de dire que les passages obscurs de l'auteur pouvaient être sautés. Sa ténacité et sa rigueur, ainsi que celle d'Alain Coste, disparu l'an dernier, furent déterminantes pour donner au groupe d'édition des O.C. de D'Alembert le courage de s'attaquer aux mémoires des neuf volumes d'Opuscules. En effet, nombre de ces mémoires, rédigés dans un style parfois surprenant, décourageaient souvent les historiens des sciences. Cette ascèse, parfaitement non rentable pour une carrière, a débloqué plus d'une situation et permis au groupe de se mettre un peu mieux dans la peau de D'Alembert, non seulement pour saisir l'élaboration des équations des fluides, mais aussi pour faire son chemin dans la "crise de l'hydrodynamique", c'est-à-dire dans cet univers où la théorie et les expériences semblent diverger, au-delà même du "paradoxe de D'Alembert", des écoulements de Borda, etc.

Ce rôle, disons, de conseiller scientifique, non historien de métier mais lucide sur les anachronismes, a été continué par Marc Massot et largement à la base de la thèse d'Alexandre Guilbaud en 2007. Tout ce processus a permis la publication de plusieurs volumes des Opuscules, alors que cette tâche paraissait hors de portée à court terme. Jean Duchon, qui avait aussi une formation d'ingénieur géographe a également participé à divers travaux d'histoire des mathématiques et de géodésie, sans jamais signer un seul article sur ces sujets. A l'heure où on parle beaucoup d'histoire par en bas, je ne sais si l'on doit considérer l'apport de Jean Duchon à l'histoire des sciences comme venant d'en bas, mais en tout cas il vient de côté et il était donc nécessaire que theuth sache lui rendre hommage.

Pierre Crépel








Mathpark le 21 septembre prochain


mardi 10 septembre 2019

BackReAction

Si vous vous intéressez également aux avancées de la physique, je vous recommande de visiter le blog de l'Astrophysicienne Sabine Hossenfelder
http://backreaction.blogspot.com/
auteure du trés beau livre LOST IN MATHS aux éditions les belles lettres.

jeudi 5 septembre 2019

Prix Kevin Henriot

Pour la deuxième fois, sera décerné le Prix Kevin Henriot en mémoire de Kevin Henriot qui a soutenue une brillante thèse de combinatoire additive à Montréal en 2014. Auparavant il avait écrit un article de théorie analytique des nombres à l’occasion de son mémoire de M2 . 
Kevin Henriot est décédé prématurément le 17 juin 2016.

Objectif du prix

Le prix Kevin Henriot a pour but de faire vivre la mémoire de Kevin Henriot en récompensant un travail de thèse dans son domaine de recherche au sens large; c'est-à-dire la théorie des nombres, la combinatoire additive ou un domaine des mathématiques en lien avec ses travaux.
Vous pouvez visiter la page concernant le prix en cliquant sur le lien suivant.
 

Le prix récompense une thèse soutenue en 2017 ou 2018.
Les 3 conditions d'éligibilité suivantes doivent être remplies : 
  • Toute personne - homme ou femme - de moins de 35 ans (à la date limite de candidature) ayant soutenu sa thèse en 2017 ou 2018 quelle que soit sa nationalité et son statut.

  • Toute personne ayant passé au moins 10 mois de son parcours académique soit en France, soit au Canada.

  • Toute personne dont le travail de thèse fait intervenir de la théorie analytique des nombres ou de la combinatoire additive ou des mathématiques en lien avec les travaux de Kevin Henriot. La candidature devra être rédigé en français ou en anglais. La date limite de candidature est le 30 septembre 2019.